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Un moment charnière ?

Je prends assez peu le temps de publier des éléments personnels sur ce blog, qui est devenu une sorte de mini-Calenda. Voici donc quelques informations sur mon activité de ces derniers temps.

Marie-Claire Robic et moi avons travaillé en 2015-2016 sur les chaires du Collège de France comprenant le mot "géographie" dans leur intitulé pour les besoins d'un colloque organisé par Wolf Feuerhahn (Dans l'atelier des intitulés. À propos de la singularité du Collège de France. 27-28 novembre 2014). Nous en avons tiré une contribution à quatre mains intitulée « La géographie au Collège de France (milieu XIXe-milieu XXe siècle), ou les aléas d’une inscription disciplinaire », qui devrait paraître dans le volume d'actes tirés du colloque, en 2017 sans doute. C'est un assez long texte (encore !) dont je suis très heureux car c'est la première fois que je cosigne un article avec celle qui est depuis 25 ans une source d'inspiration, un modèle, une amie, etc.

En octobre 2015, l'ami Wolf Feuerhahn a signalé lors d'un comité de rédaction de la Revue d'histoire des sciences humaines le lancement d'un séminaire de doctorants piloté par Camila Orozco-Espinel et Yann Renisio, intitulé "Faire science. Usages de la scientificité en sciences humaines et sociales (1920-1960)", dont devait sortir à terme un dossier pour la revue. Comme le sujet était congruent avec l'un de mes centres d'intérêt principaux, je me suis rapproché d'eux. J'ai participé à la plupart des séances (fort intéressantes) et ai présenté une contribution en février 2016 intitulée "Faire science en géographie (1930-1980). Perspectives transatlantiques". Le dossier est actuellement en cours d'évaluation et devrait constituer le n° 31 de la RHSH. Je devais initialement y proposer une revisite de la controverse Schaefer-Hartshorne, mais ayant une HDR à écrire, j'ai finalement proposé de faire quelque chose de plus large et de moins circonstancié, un peu dans la lancée de ma présentation orale. Pour l'instant, d'autres contraintes ont fait que je n'en ai pas écrit la moindre ligne. C'est à mon agenda des deux prochaines semaines.

Je suis allé au Festival international de géographie de Saint-Dié pour la première fois à l'automne 2016, invité par Benoît Antheaume et Pascal Clerc pour parler de Renée Rochefort (1924-2010), dans le cadre de la conférence annuelle sur les figures de la géographie. Je suis moyennement enthousiasmé par le titre de la conférence. En revanche, les recherches entreprises ont été fort stimulantes et il semblerait que la présentation a plu à l'auditoire (je suis toujours le plus mal placé pour me faire juge de mon propre travail). Il paraît que c'était fidèle à la mémoire et à l'esprit de la dame, ce qui était mon ambition spécifique. Je tiens dans cette optique à remercier Nicole Commerçon, Marc Bonneville et André Vant pour le temps qu'ils m'ont consacré et les souvenirs et analyses qu'ils ont partagés avec moi. Je suis supposé en faire dans les semaines à venir une notice pour la collection Geographers.

Dans le sillage de la publication en français des principaux textes de Norbert Elias portant sur la sociologie de la connaissance et des sciences, La Dynamique sociale de la conscience (La Découverte, 2016), Marc Joly (éditeur du volume) et Wolf Feuerhahn m'ont demandé de participer à un colloque qu'ils organisaient les 19 et 20 janvier 2017 au Centre Koyré. Ma lettre de mission consistait à analyser la façon dont N. Elias a parlé de Thomas Kuhn et Imre Lakatos, tout particulièrement dans un texte publié en 1972 dans Economy & Society et intitulé “Theory of science and history of science: comments on a recent discussion”. Pour ce faire, je me suis replongé dans les œuvres des uns et des autres, en particulier les recueils d'articles de Kuhn The Essential Tension (1977) & The Road Since Structure (2003) mais aussi le volume en français de textes rassemblés par I. Lakatos et A. Musgrave Criticism and the Growth of Knowledge (1969), le célèbre quatrième volume d'actes du Colloque international de philosophie des sciences de Londres (1965). Une fois n'est pas coutume, j'ai écrit une bonne partie de ma contribution, de sorte qu'il devrait m'être assez facile d'en tirer un article, à condition d'agir vite.

Je suis désormais directeur de deux revues à la fois, situation qui m'a valu nombre de commentaires préoccupés et incitations à passer rapidement la main. Pourtant, qui est disposé aujourd'hui à faire ce genre de travail ? La seule chose qui compte dans l'évaluation d'un chercheur est la publication d'articles originaux, de préférence dans des revues de rang A. J'en dirige une avec Catherine Rhein et j'essaie avec Wolf Feuerhahn d'y faire accéder une autre. C'est un travail absolument passionnant et nécessaire, et tant pis pour les considérations stratégiques ou égoïstes. Faire vivre des collectifs me semble plus important que tout, car sans eux la recherche s'étiole. À brève échéance, Catherine et moi devons livrer un éditorial pour le n°1/2017 de l'Espace géographique. Je n'en dis pas davantage...

L'année qui vient, le séminaire Les écritures du géographique sera moins centré sur la littérature et davantage sur l'écriture de la géographie. Je vais y proposer une série de travaux, sur la catégorie d'espace (source de tant d'agacements) et sur Roger Brunet (avec Muriel Rosemberg). Les deux doctorants qui travaillent avec moi, Matthieu Pichon et Dylan Simon, y feront aussi une présentation chacun. Pas la peine d'épiloguer sur tout cela. Je rappelle à mes lecteurs que ces séances, hormis celle de janvier, sont ouvertes au public.

Si tout se passe bien cette année à la différence de la précédente (où j'ai été malade à répétition pendant plus de deux mois : grippe, bronchites, etc., avant de passer deux mois à faire des bilans de santé), je rédige mon Habilitation à diriger des recherches (HDR) entre février et septembre. C'est devenu une nécessité. Un nombre toujours plus important de mes anciens étudiants accède à des statuts auxquels l'absence de cet exercice dans mon CV m'empêche de postuler, ce qui parfois me laisse songeur, alors que je dirige déjà des thèses et qu'on me demande conseil pour des HDR. Ce désajustement (comme aurait dit Bourdieu) commence à me peser.

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